17 décembre 2005
Qui sommes nous ?
Commencer par butiner dans les armoires des grands-mères,
récolter quelques modestes trésors et cueillir beaucoup de babioles dans les boites à couture. Mélanger le tout avec des doigts de fées, un brin d’imagination poétique et un soupçon d’insolite. Rajouter beaucoup de complicité.
Mixer tout ce bric-à-brac, pour obtenir l’univers de
« Jours, Semis et Entre-deux ».
Sylvie Dupuis Breton naît à Paris en 1949.
Elle grandit entre le fournil de la boulangerie familiale et les réunions couture-tricot qui rassemblent les femmes de la maison.
Plus attirée par la tapisserie que par la pâtisserie, un stage de tissage complète son bac 68. En 1971, sa rencontre avec Alain Breton, ethnologue et futur mari, lui ouvre le monde textile Maya de l’Amérique Centrale.
Elle va s’employer dès lors à “tisser des liens”, par son métier de rééducatrice pour les enfants en difficulté, par l’artisanat puis la création textiles; et par de régulières “navettes” entre l’ancien et le nouveau monde.
“De fille en aiguille”, Marion Breton Goussé voit le jour dans cette ambiance créative. L’avenir, où elle va inscrire son parcours original, se joue parfois sur un coup de dé à coudre. L'école Dupérré, l'institut français de la mode et un paquet d'années chez Dior assoient le hasard.
En 2003, c’est tout naturellement entre-deux, dans la sculpture textile, que la mère et la fille se retrouvent pour créer “Jours, semis et entre-deux”.
Les brins de laine, les boutons, les plumes... ont connu une première existence, dans la lumière trop brève d’une époque, d’une mode, puis sont restés dans l’obscurité des boîtes à couture, des tiroirs, des coffres de nos grand-mères. Elles leur offrent aujourd’hui une deuxième vie, et ce n’est que justice !
Ne cherchez pas de stratégie ni de théorie, les lois de cet univers étrange et poétique sont simples :
les choses naissent de manière hasardeuse d’une rencontre, d’une situation, d’une phrase.
Les genres se mêlent, les techniques traditionnelles sont chahutées.
Transfiguré, chaque objet se souvient pourtant de la vie antérieure de ses éléments et l’exprime à sa manière.
On ne s’en étonnera pas, quand on sait que le lien entre les générations dont témoignent les sculptures textiles est partagé par leurs créatrices, puisque “Jours, semis et entre-deux” est une association familiale ouverte.
En effet, si la mère et la fille restent à l’origine de ces créations, on devine autour, les enfants, les petits-enfants, et aussi les générations passées et celles à venir, qui vivent au présent dans l’association.
Il faut beaucoup de complicité et d’humour pour ce remue-méninges, parce qu’il faut chercher, fouiller, récolter, et puis mélanger, inventer, laisser faire la sensibilité et l’émotion: “s’emparer avec bonheur des choses”, dans la tradition textile du groupe.
Mais pas de confrontation sans plaisir...
Alain Benito
21 novembre 2005
Pourquoi ce nom ?
Toutes les brodeuses et autres maniaques des aiguilles connaissent les termes :
jours, semis et entre-deux.
Pour nous, cette jolie association de mots a fait résonance à notre philosophie de travail :
la vie, la transmission et l’échange.
Petit lexique textile
(réf : l’encyclopédie des ouvrages de dames de T.de Dillmont)
Jours : n.m. Evidemment décoratif obtenu dans une étoffe soit par le retrait des fils, soit par l’écartement des fils, maintenus par un point de broderie.
Semis : n.m. Ensemble de motifs décoratifs reproduits à intervalles réguliers sur un fond.
Entre-Deux : n.m. inv. Bande de broderie, de dentelle à bords droits, cousue des deux côtés, ornant le linge ou la lingerie.












